t’es sériole la?
Beaucoup de sympathiques rencontres pendant ces 3 jours, mais pas beaucoup de prénoms à retenir, on ne leur a pas demandé. Grossière erreur!
Mardi 6 au soir, un van Mercedes s’installe à côté de nous. Ce sont 2 françaises, du département 34, on discute avec une des 2 filles:
– » On vient de partir et on prévoit de voyager 6 mois! »
-« Oh comme nous, sauf que nous on rentre là! »
-« On a rien prévu comme parcours, on le fait au jour le jour! »
-« Oh comme nous encore! Vous avez bien raison, c’est chouette! »
-« On a acheté un vieux camion qui a notre âge, il est de 1995! C’est plus facile à réparer au cas où! »
-« Oh comme….glups » On ne dit plus rien! On ne veut pas qu’elles connaissent notre âge!…
On apprend donc que les papas des deux filles ont aidé à aménager leur camion et leur ont appris quelques ficelles de mécaniques. Elles ont le projet d’aller en Azerbaïdjan rejoindre une copine qui va faire un stage de quelques mois là-bas. Elles ont quitté leur travail et pris le camion sur un coup de tête, et à partir de la Turquie, elles vont prendre leur temps et essayer de travailler dans le territoire grâce à l’application « WORKAWAY », qui a l’air pas mal. Ce sont des offres de petits boulots, en échange du gîte et du couvert.
Nous leur souhaitons un bon trip (ça fait jeune!) et après une nuit au milieu de la route et de son trafic, nous reprenons notre chemin.

Mercredi 7 septembre, nous avons appris par la jeune fille, que nous n’étions pas obligé de traverser la BOSNIE-HERZEGOVINE, pour continuer en Croatie. Le trajet contourne la frontière, en nous faisant passer par une presqu’île Croate, puis par un pont tout neuf qui vient juste d’ouvrir et qui nous ramène sur le continent. N’étant toujours pas sevré de sel et d’eau transparente, nous décidons de nous arrêter sur cette presqu’île, à ZULJANA.
Après une baignade dans une anse cimentée et dure,


nous trouvons un camping pas cher, le SUNCE, qui se trouve à 50 mètres de la plage, et qui offre un beau point de vue sur les côtes.


A peine arrivés, Simone, toujours pareil, fait son effet. (Je sens qu’elle va finir par attraper la grosse tête!)… Tous les campeurs s’agglutinent autour d’elle.
Nous rencontrons
-un allemand qui parle très bien français. Il a vécu 9 ans en France. Il nous indique où faire ses courses, d’aller à la boulangerie de bonne heure le matin car elle ferme tôt; dans quel restaurant manger et quel vin choisir (il ne se rappelle plus du nom mais c’est le premier de la liste); et quel chemin prendre pour trouver de jolies criques sauvages et isolées.
-un polonais qui parle très bien anglais. Il a une Volvo 940 (une de mes envies d’achat de voiture). Il vient dans cet endroit depuis 7 ans, et sa famille s’est agrandie. Il a une femme et deux enfants en bas-âge qui dorment dans la voiture et lui dans un hamac entre deux arbres. S’il pleut, il les rejoint.
-Un Bosnien, qui est le moins bavard des trois, et qui nous raconte qu’il a eu un T2 comme le nôtre, il y a une dizaine d’années.
Jeudi 8 septembre, l’allemand part, nous prenons sa place. Nous étions derrière un camion bleu qui nous cachait la vue.

Nous respectons les conseils donnés la veille par cet homme. Nous nous baignons dans une adorable crique,

puis les nuages pointant le bout de leur nez, nous rentrons faire une petite balade dans le village et ses environs.



Je ne sais pas si mes conseils de guide touristique s’arrêteront un jour, mais là, je mets ZULJANA, en tête de mon classement. C’est un petit village où il y a très peu de circulation, avec une atmosphère familiale et des sourires à chaque coin de rue. Il y a un stand de fruits et légumes, et un autre de poissons frais (« Il est frais mon poisson, il est frais! ») tous les matins. Pas de béton! Que des petites maisons fleuries et charmantes. Nous adorons.


Le soir, nous nous offrons le restaurant conseillé (le KONOBA SOLAR), par notre ami allemand.Nous choisissons le vin de la première ligne, Un vin domestique du coin vendu en pichet d’un litre et deux steaks de poissons, le sériole (ou AMBERJACK en anglais). Un régal!… Il est grillé à point au feu de bois, avec un assaisonnement d’huile olive, d’ail et de persil au poil!… Fantastique!


Dans la nuit, nous voyons derrière la montagne, des flashs de lumière, comme un néon de toilettes avec un faux contact. Nous pensons qu’on l’éviterait, qu’il resterait bloqué par les montagnes, mais à 4 heures du matin, il a franchi les sommets, et la pluie est violente. Elle nous réveille, et les dégâts ne se verront que le lendemain matin. Tout notre sol et notre coffre à nourriture est trempé. Heureusement, en Croatie, ça sèche vite!
Vendredi 9 septembre, après 10 jours de parcours d’une vingtaine de kilomètres, nous décidons d’avancer plus vite, si on veut un jour arriver en France.

Nous établissons une étape d’une centaine de kilomètres jusqu’à MAKARSKA. C’est une route qui longe la côte et qui offre de belles vues sur la mer Turquoise.

Vive la couleur de l’eau!


